Robert DAVID

Né le 5 avril 1921 à Alès, décédé le 19 mars 1985 à Strasbourg.

Il épouse Marie Hélène WARNIER le 25 juillet 1954 à Cuisles.

Officier de la Légion Honneur, ancien Résistant, Ingénieur Général des Ponts et Chaussées, ancien Président de la CFNR

 

 

Synthèse

Robert David, ingénieur des Ponts (X42), a eu trois vies professionnelles après deux années dans le Maquis. DDE à Colmar pour 5 ans, où tout était à reconstruire, puis 7 ans  Chargé de Mission à la Direction des Routes au Ministère où il s'illustra en ramenant des USA grâce au Plan Marshall la technique d'enrobés à chaud (l'enrobé David) toujours en vigueur sur nos routes, puis à partir de 1957 jusqu'en 1984 à la tête d'un armateur Fluvial sur le Rhin, la CGNR rebaptisé CFNR. Robert a eu 7 enfants, il était passionné de Montagne, il est est resté curieux toute sa vie. Mort prématurément, il est considéré aujourd'hui comme le père du poussage en Europe et de la mise à grand gabarit du Rhin de la Suisse jusqu'à la mer.

 

Ses études

Lycée à Alès dont il sort bachelier à 16 ans et 3 mois, puis sa Prépa à Louis le Grand d'où il intègre l'X puis à la sortie le Corps des Ponts. Il a manqué le Corps des Mines à 2 places. A 60 ans, il le regrettait encore, sans doute pas pour la "carrière" qu'il y aurait faite mais pour son père, fils d'ouvrier devenu ingénieur civil des Mines.

 

Robert au lycée d'Alès avant Guerre - 2ème au fond en partant de droite

 

 

De gauche a droite : Ducros Max, Arnou Yvon,  Roustan Robert, Jafiol Jean, David Robert, Mlle Roumestan Lucienne, Clavairolle André, Souche Jean, Germain André, Bouchit George et Lyx Jean 

 

 

 Livret scolaire

Robert a l'X à Lyon entre 1940 et 1942

 

A été "sérieusement" blessé à l'X pendant un match de Basket

 

Ce classement provisoire à l'X (il était 5ème

La fin de la guerre

Comme une dizaine de ses camarades de l'X, il a été mis en lieu sûr pendant la guerre sur le chantier du barrage de l'Aigle  et dans les derniers jours de la guerre a pris part à des opérations du maquis contre l'occupant en traversant la France d'Ouest en Est, à pieds, avec son fusil, pour rejoindre la colonne SCHNEIDER à Autun puis suivre l'armée de Lattre jusqu'en Alsace.  

 

 

Leclercq & David & Laurent & Dubois & Viala

Retour en alsace en 1945

Sitôt démobilisé, il prend ses fonctions à Roanne (Loire) début 45 avant que la Libération de l'Alsace n'ouvre le poste de Colmar. Nommé à la Direction Départementale de l'équipement de Colmar, il passe plusieurs années à remettre en service des infrastructures (routes, ponts, etc..). IL crée localement le premier laboratoire des Ponts et Chaussées. Je crois me souvenir d'un chiffre de 150 ponts ou ponceaux reconstruits par ses services. Lui qui a connu le Gard et l'agitation de l'avant guerre, il tombe amoureux de l'Alsace et de la rigueur professionnelle des Alsaciens.

 

Robert David (1921-1985) : une constance dans l’innovation  (source  LA COOPERATION DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSEES AVEC LES ENTREPRISES ROUTIERES de Arnaud BERTHONNET)

 

 

SOURCE Arnaud BERTHONNET : Né le 5 avril 1921, il sort de Polytechnique en juillet 1942 pour entrer à l’École nationale des Ponts et Chaussées du 1er octobre 1942 au 30 novembre 1944. Durant ce temps il participe à la résistance d’abord dans le Cantal, puis à Autun. Il débute sa carrière comme ingénieur ordinaire à Roanne de décembre 1944 à mai 1945, puis à Colmar de mai 1945 à mai 
1950. Dès 1947, il installe dans un atelier de maréchal-ferrant d’une ancienne caserne de cavalerie désaffectée un laboratoire d’études et de contrôles routiers. Il s’agit d’un des premiers établissements de ce genre en France qui deviendra en 1952 l’un des onze premiers laboratoires régionaux des Ponts et Chaussées.

 

Le Plan Marshall et les Enrobés

 

Après Guerre, le secrétaire d'état américain a donné son nom à un vaste programme de transfert de technologie et de subventions des USA vers l'Europe occidentale. De nombreux ingénieurs sont partis en voyage d'étude aux USA pour se familiariser avec les techniques américaines et les rapporter en Europe. Robert l'a fait à deux reprises. Une première ois pour le compte de la Direction des Routes pour ramener la technique d'enrobés à chaud américaine. Cette technique est devenue, dans les livres d'histoire, le procédé d'enrobés David.

Voici ce qu'en dit Arnaud BERTHONNET : De mai à décembre 1950, il envoyé aux Etats-Unis par le directeur des Routes André Rumpler dans le cadre de l’Economic Cooperation Administration (Plan Marshall). Il enquête dans tout le pays auprès des autorités fédérales et locales. A son retour, il rejoint la Direction des Routes au Ministère des Travaux publics et des Transports de décembre 1950 à mars 1957 où il promeut les nouvelles techniques routières. Il est chargé notamment adapter les meilleures techniques américaines aux matériaux locaux (sables, graviers, éboulis de pente, moraines, etc.) dans les diverses régions françaises. Il lance en 1952 la technique de fabrication "à chaud" des enrobés bitumineux dans le Haut-Rhin. 

 

A cette époque,  Robert travaillait pour la Direction des Routes à Paris et sillonnait le territoire pour former les ingénieurs des Ponts aux futures techniques de construction de route.

 Lettre de Laurent (son père) à Robert à l'occasion d'un déplacement de Robert aux USA

 

Son Mariage

Maman et lui se sont mariés en 1954 à Cuisles ans la Marne.

 

 

 Voici comment Maman l'a connu :

"J'ai rencontré Robert au cours d'un séjour de ski à Val d'Isère, où un de mes cousins m'avait entraînée. Robert s'avérait particulièrement dynamique sur les pistes, jamais fatigué, emmenant le groupe à sa suite et s'occupant des retardataires. Pour moi, c'était une découverte car les jeunes hommes que j'avais pu rencontrer à 23 ans dans les soirées parisiennes de mon milieu m'avaient toujours paru factices dans ces décors éloignés de la vie. Il avait déjà 34 ans, et toute une vie professionnelle derrière lui, sans compter le maquis au barrage de Laigle dont il avait fait partie tout en suivant les cours de l'Ecole des Ponts repliée là avec ses professeurs.

Entre 1945 et 1950, comme "ingénieur ordinaire" à Colmar, il avait vécu comme un sauveur, appelé à réparer sur le terrain les ruines physiques et morales des années de l'annexion nazie et des combats destructeurs qui avaient sévi dans ce beau terroir viticole. Il se dégageait de sa personnalité une impression d'optimisme et de grande vitalité, de désir d'agir et d'entreprendre.

Il est d'ailleurs revenu en Alsace par la suite, puisque, pour des raisons économiques, nous avons quitté Paris pour Strasbourg en 1957, et nous y sommes restés. Il a montré là, pendant des années, le dynamisme qui avait été auparavant le sien , dans ses nouvelles fonctions de directeur général de la flotte française du Rhin, flotte d'Etat constituée lors des traités qui ont mis fin à la Guerre de 40. Il s'y est passionné pour le métier de constructeur de bateaux et d'ingénieur. Notre couple, recruté jeune à ces fonctions, était censé être un symbole du Drapeau Français sur le Rhin, et d'espoirs de paix. Nous nous sommes attelés à bien remplir cette mission auprès des alsaciens meurtris par trois guerres et de pénibles changements de nationalité. Cela n'a pas toujours été facile à supporter et à comprendre par nos enfants et nos familles.

Nous avons eu 7 enfants, dont 6 ont vécu. Robert les aimait beaucoup, et essayait de compenser ses longues absences hebdomadaires de 4 jours à Paris, Rotterdam et sur le Rhin en étant très présent auprès d'eux lors de balades en forêt près d'Obersteigen ou de journées de ski. Durant les dernières années de leurs études secondaires et universitaires, il s'est investi sérieusement afin de créer autour d'eux et autour de ceux, assez nombreux de leurs camarades qui fréquentaient notre maison une ambiance d'intérêt pour les sciences et les techniques.

La fin de sa vie a été assombrie par le déclin de la navigation de marchandises sur le Rhin ; petit à petit, à la suite de décisions politiques, un flux européen considérable s'est malheureusement reporté sur les poids lourds qui se suivent à la queue leu leu sur les routes de l'Alsace. Espérons que le travail assidu de Robert portera tout de même un jour ses fruits."

 

Marie Hélène DAVID

Voici une copie du faire-part, sobre, carré :

 

Faire part deces Robert

 

Ils habitent en région parisienne, dans le XVIème et à Garches.

 

Le Père du Poussage en Europe 

1966 : Interview de Robert à FR3 sur le Transport Fluvial sur le Rhin

 

1973 : Documentaire sur le Rhin et le Port de Strasbourg 

 

En 1957,il rejoint la Compagnie Générale de Navigation Rhénane à Strasbourg. Puis très vite, il est reparti six mois aux USA pour étudier la technologie du poussage sur les vois d'eau et la ramener en France. A son retour, la famille avec trois enfants s'est installée à Strasbourg où Robert a commencé à travailler pour défendre le pavillon français sur le Rhin. Il a beaucoup contribué à la mise à grand gabarit du Rhin et de la Moselle. Il fut un proche collaborateur du Maire de Strasbourg et Président du Port, Pierre Pfimlin, ancien Président du Conseil.

 

Voici ce qu'en dit Arnaud BERTHONNET : Mis en disponibilité, il rejoint l’armement rhénan français comme directeur général 
adjoint de la Compagnie générale pour la navigation du Rhin ou CGNR aux côtés de P. Brousse. Il est le "père du poussage" en Europe, technique qu’il a étudiée aux États-Unis au cours d’un second voyage d’études en 1957. C’est à lui que l’on doit son introduction et son développementsur l’axe rhénan. Il transforme la flotte de la compagnie en un outil de premier ordre. Le 1er janvier 1970, il devient vice-président et président du directoire de la Compagnie française de navigation rhénane, filiale de la CGNR. Il est nommé ingénieur en chef des ponts et Chaussées le 1er janvier 1974 et ingénieur général des Ponts et Chaussées en 1981. Le souci constant de l’innovation et de la recherche ont toujours guidé cet ingénieur dans ses activités professionnelles. Il décède le 19 mars 1985 à l’âge de 63 ans à Strasbourg. Une salle porte son nom au Laboratoire régional des Ponts et Chaussées de Colmar.