Jeanne DUBOIS

Née le  22 novembre 1895 à Saint Etienne (Loire), Décédée le 18 décembre 1988 à Ecully

Epouse Laurent DAVID le 22 juillet 1919 à La Grand´Combe

 

Ma Grand-Mère

Comment raconter Jeanne, ma grand-mère sinon en la comparant à mon autre Grand-Mère, Germaine, celle qui déplaçait les montagnes et dont la capacité d´écoute était succinte. .Jeanne était la douceur même, une grande écoute bienveillante, des tas de souvenirs et d'anecdote. Mais avant tout, Jeanne était une CLOCHE, ou plus exactement une marraine de cloche.

La cloche de l'Ermitage au dessus du quartier de Rochebelle. 

 

La Famille DUBOIS

Jeanne Dubois est né le 22 novembre 1895 à Saint Etienne (Loire), deuxième enfant d'une famille qui en aura six:  

  • Amélie (dite Lily, qui épousera Albert, médecin de la Mine),

  • Jeanne,

  • Claude (qui prendra ses distances assez vite)

  • Henri (qui épousera Nanette)

  • Marie Louise (dite Zazie, qui épousera Victor)

  • et Geneviève (dite Ginette qui épousera Adrien, ingénieur à la mine).


Son père Claude DUBOIS (Claudius pour les intimes) est employé dans l'entreprise Charvet à Saint-Etienne comme cadre commercial. La mère de Jeanne, Louise Papillon a épousé Claude en le 8 septembre 1891. Elle est née à Nervieux, c’était la fille de l’ancien boulanger. Rapidement la famille s'installe à La levade (Gard). Plus tard, Claude sera nommé directeur commercial des Mines de la Grand Combe.

En 1905, la loi de séparation de l'église et de l'Etat contraigne Claude a envisager que ces filles partent en Italie dans des collèges tenue par des religieuses catholiques. Amélie part ainsi à San Remo chez les religieuses du sacré cœur.


Jeanne ayant des problèmes aux yeux, ses parents décident qu'elle restera à la maison et qu'une institutrice viendra lui donner des cours à domicile. Chaque année, pour les grandes vacances, la famille Dubois se rend à Nervieux dans la maison (à coté de la place de l'église) de leur grand père Papillon qui avait été le boulanger du village.


Jeanne adore jouer au tennis.Elle est noëliste, association de jeunes filles catholiques. Elles se retrouvent avec les jeunes filles de bonnes familles à l'occasion de pèlerinages. Son surnom est alors "mimosa cévenol". Une revue mensuelle est attachée à cette association: "le noël".


Amélie et Jeanne retrouvent souvent leur cousin Georges Berthelot, neveu d'Henri Matthias, à Nervieux. Les deux sœurs le tutoient et exige de lui qu'il les vouvoie.La première guerre mondiale se déclenche. Aucun des membres de la famille n'est mobilisé pour une raison d'âge: soit trop jeune, soit trop vieux.Jeanne s'occupe des blessés et est ambulance à La Levade.La famille vit le conflit par procuration, entretenu par la correspondance de Claude avec son célèbre cousin. Claude s'en veut de n'avoir aucun membre de sa famille au front. Le Gard est totalement épargné par le conflit qui semble lointain.

 

Vie entre Nervieux et Rochebelle

Le 22 juillet 1919, jeanne se marie à la levade avec un ingénieur des mines Laurent David. Elle se marie le même jour que sa sœur Amélie. En effet, il était impensable pour Amélie, qui avait un véritable ascendant sur son père, que sa sœur se marie avant elle. Les jeunes mariés partent en voyage de noces dans les Pyrénées orientales, du coté de Collioure. ils en profitent pour faire des emplettes: ils achètent une salle à manger complète: douze chaises, une table, une desserte, un buffet à tête de cerf qui trône toujours à Ecully. Le couple s'installe à Rochebelle à La Chapelle, dans la maison qui est attribuée à Laurent qui est alors ingénieur en chef.


Claude Dubois a acheté en 1919, une propriété à Nervieux qui appartenait à ses cousins.L'ensemble des enfants Dubois se retrouvent dans cette maison chaque année en été. Robert le premier garçon nait en 1921 puis suit Pierre en 1923, Henri en 1926, Jeanne perds son père en 1926.

Jean-Jacques nait en 1930. En 1930, la famille David déménage au château de Rochebelle, car Laurent est nommé Directeur. En janvier 1931, Henri-Mathias meurt à Paris, Jeanne en est très affecté. Madeleine nait en 1931.

Jusqu'en 1939, la vie à Rochebelle est un long fleuve tranquille pour toute la famille David. Jeanne occupe ses journées entre ses domestiques, ses enfants, l'organisation des diners, les ventes de charité, le tennis.

En 1937, elle est nommée marraine de la cloche de l'Ermitage.Tous les mercredi, Albert vient récupérer les légumes que jeanne a demandé à son jardinier de ramasser.

En 1937, Laurent a une grave infection rénale, dont il est opéré à Montpellier.

En 1939, Jeanne est nommée présidente de la Croix-Rouge.  Cette charge l'occupe énormément jusqu'à la libération.

 

Exil à Lyon

En février 1945, Jeanne, Jean-Jacques ,Madeleine et Juliette rejoignent Laurent qui s'est installé précipitamment à Lyon. ils s'installent dans une maison dans le quartier de gorge de loup. Pour jeanne il s'agit d'un déchirement, car elle abandonne son statut social, son univers familial (sa mère et ses deux sœur sont restées à la levade) et le climat doux d'Alès.


En juillet 1945, l'ensemble des meubles du château de Rochebelle est déménagé au château de Sugny à Nervieux.


En décembre 1947, jeanne et Laurent s'installent à Ecully, et rachètent une propriété à Mlle Martin Monterrat. Le jardin semble propice à l'exploitation maraichère et fruitière.Jeanne tente de recréer son univers à Ecully, aidée par Juliette.
Laurent prends sous son aile le fils de Juliette et le fait rentrer à la SNCF. Jeanne reçoit sa mère deux mois par an au printemps.elle s'inscrit à la ligue féminine catholique. Elle s'occupe du jardin.Son fils Pierre meurt en 1951 en Indochine, elle ne s'en remettra pas ayant un sentiment de culpabilité. Chaque été jeanne passe trois mois à Nervieux dont elle est devenue copropriétaire en 1954 avec ses deux sœurs, Ginette et Amélie.

Robert et Henri se marient en 1954. Jean-Jacques se marie en 1957. Le premier petit enfant, Alain, nait en 1955, treize suivront. Laurent meurt en juillet 1958, laissant jeanne veuve trente ans. Amélie et Albert meurent dans un accident de voiture en juillet 1968. Cette mort accidentelle marque durablement jeanne. Madou se marie en 1969.

Jeanne joue son role de grand-mère en recevant ses petits enfants aussi bien à Ecully qu’a Nervieux.


Jeanne meurt le 19 décembre 1988.