Salaire des souffleurs de verre

 extrait de "Les verriers dans le Lyonnais et le Forez"  par Pierre PELLETIER, Paris 1887

 

Introduction

Ce site est consacré aux David Verriers, les David de Servance et au dernier d'entre eux, Antoine DAVID, né à Rive de Gier en 1858, mors a Alès en 1935. Il a connu l'ascenseur social dans le mauvais sens, alors que son fils Laurent DAVID a bénéficié d'une réussite sociale exemplaire. Le présent article, obtenu avec l'aide de Google Books, donne des informations sur le contexte industriel de l'époque et sur les conditions très favorables de paie et d'embauche négociées par les Maître Verriers.

Si on voulait hasarder une comparaison un peu simple, les pilotes d'Air France ou des Dockers de Marseille étaient des petits joueurs en comparaison des Maîtres Verriers originaires de Franche Comté. En effet, ils avaient non seulement des salaires exhorbitants, mais en plus un monopole d'embauche qu'ils réservaient aux fils de verriers. Résultats, alors qu'un manoeuvre gagnait en 1850 la somme de 75 francs par mois, les étendeurs de verre touchaient 200 francs par mois, et les salaires des Maître verriers pouvaient se monter jusqu'à 600 ou 800 francs par mois.

Conséquence, les Ouvriers Verriers étaient parmi les professions salariées les mieux payées, donc les notables s'arrachaient les verriers pour marier leurs filles.

 

Pourquoi de tels salaires ?

Quelques raisons simples :

  • les fours au charbon devaient être reconstruits toutes les 4 a 12 semaines, entrainant une interruption de production de 4 ou 5 semaines. POur éviter que les Maître Verriers s'en aille au plus offrant, il fallait leur verser des salaires très confortables. Sans souffleur impossible de reprendre le travail.
  • Le marché a connu une expansion soutenue de 1800 a 1870 : les usines manquaient de Maitres Verriers (le numerus clausus était redoutable, les Maîtres Verriers n'acceptant de former que des fils de Maîtres Verriers) car les verriers avaient pu obtenir un monopole d'embauche.
  • Les verriers étaient en majorité originaires de Franche Comté et se mariaient entre eux. ILs ont formé une diaspora très soudée, avec des traditions spécifiques (foi catholique inébranlable) qui ne les incitaient pas à ouvrir leurs rangs à des étrangers. Seules les filles de paysans (pour épouser des ouvriers) ou de notables (pour épouser des Maîtres Verriers) avaient la possibilité d'épouser des verriers, dans les rares cas de figure où on manquait de filles de verriers pour assurer la reproduction au sein de la Diaspora.

 

 

Source les Verriers dans le Lyonnais et le Forez de Pierre Pelletier 1887