RIVE DE GIER la capitale du verre au XIXème siècle

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 Connaissez-vous Rive de Gier ? 

Aujourd'hui, Rive de Gier n'évoque sans doute rien pour le lecteur, à peine sait-on où se niche cette commune de 15.000 habitants dans la "descente" de Saint Etienne à la vallée du Rhône. Et bien entre 1780 et 1850, RIve de Gier était un mélange de Silicon Valley et de lieu de perdition dans lequel les populations agricoles du Forez et de la Bourgogne se déversaient dans l'espoir d'un salaire régulier, un logement décent, une ascension sociale. A RIve de Gier, des tas d'anecdotes couraient sur d'anciens manœuvres devenus "propriétaires" et employant eux mêmes des ouvriers. Donc RIve de Gier, c'était l'Eldorado grâce au charbon, avec des gisements de très grande qualité. En 1830, 30% de la production nationale de charbon sortait de Rive de Gier.
L'essor de Rive de Gier a été rendu possible par la création du Canal de Rive de Gier à Givors (sur le Rhône) pour écouler le minerai. 

 

Or le charbon à l'époque avait trois débouchés principaux : soit on le vendait sur le marché domestique, soit on le vendait sur le marché business distant (mais sa rentabilité était grevée par le coût du transport), soit on faisait venir les usines au pied de la mine, principalement des verreries (1800-1820) puis ensuite des forges. En 1830, 20% de la production de charbon de Rive de Gier servait à alimenter les verreries.

 

Rive de Gier était aussi un lieu de perdition car ces jeunes paysans déracinés, souvent célibataires, quand ils avaient terminé leur journée de 12 heures 7 jour sur 7 (le repos du dimanche n'existait que dans les livres), leurs seules distractions tournaient autour de l'alcool et des filles faciles. Une exception à cette règle concernant la perdition : les verriers. ILs étaient très catholiques, avec une très forte discipline de groupe et des valeurs familiales extrêmement fortes. Dans le clergé de l'époque, devenir aumônier des verriers était l'un des postes les plus demandés !

 

Essor des verreries à Rive de Gier

 

La première verrerie de Rive de Gier fut créée vers 1780. Deux autres la suivirent avant que la famille Robichon ne rachète une verrerie en 1814 pour y introduire le verre à vitre. Ce qui explique l’arrivée de Jean Pierre et ses enfants à cette époque. Alors que Jean Claude s’y est installé beaucoup plus tôt car il n’était pas Etendeur de Verre à vitre mais Tiseur (on dit aussi attiseur ou Fondeur, ou Composeur c’est lui qui s’occupait du four et du mélange puis de la fusion).

 

Les principales verreries à vitre de Rive de Gier de la première moitié de ce siècle sont celles de MM Robichon, M Lanoir et à partir de 1834 MM Richarme. Toutes ces verreries fusionnèrent en 1853 dans la Compagnie Générale des verreries de la Loire et du Rhône. A l’occasion de cette fusion, il y avait 37 fours à verre dont Givors (9), Rive de Gier (25), Vienne (1) et Saint Etienne (2), dont 7 fours à vitres, 22 fours à bouteilles et le reste en divers.

 

Le déclin des verreries

 

Ce Cartel des verreries permit pendant 8 ans de contrer la surproduction et  d'enrayer la chute des prix jusqu’à l’adoption du traité de commerce franco-anglais qui ouvrait le marché français aux produits européens. Des 1862, en revanche, les conditions de marché dictées par la concurrence entrainèrent des restructurations et des changements  à la tête de l’entreprise qui changea plusieurs fois de nom, Raabe puis Hutter. Les ingénieurs prirent le pas sur les  Entrepreneur et les Maîtres Ouvriers verriers.

 

 

L’introduction du four a gaz de coke Siemens en 1875 par Pétrus RICHARME allait bouleverser le marché des verreries, le four à gaz rendant possible le travail 24h sur 24 avec l'introduction de la coulée en continue et des 3x8 : les augmentations de cadences se traduisant par des surcapacités et conduisant à la fermeture les unités les moins rentables. En parallèle, à cette époque, la production de charbon s'est mise à décroitre, alors que de nouveaux bassins houilliers (Nord, Saint Etienne, Alès, etc.) donnaient à plein régime et surclassaient complétement la production déclinante de Rive de Gier. Le graphique ci-dessous montre l'arrêt de la croissance de la commune vers 1880, signe d'une amorce de déclin industriel..

 

À partir de 1880, la baisse de la production du charbon amorce le déclin de Rive de Gier

 

La longue grève des verriers de Carmaux en 1894 (20 ans après) illustre les mutations connues par cette industrie. Compte tenu d’une forte surcapacité du marché, la direction de l’usine de Carmaux après avoir licencié des verriers syndiqués a laissé la situation dégénérer à cause de stocks très importants résultant d’une surcapacité de production. La grève en effet permettait de ne pas payer les ouvriers. Cette grève a duré 11 mois et les grévistes n’ont finalement rien obtenu.

 

 Et la famille dans tout cela ?

Traces laissées par la famille à Rive de Gier

  • Jean Baptiste a sans doute travaillé à Givors. Il est passé par  Saint Bérain sur Dheune de 1797 à 1799 près de Montceau les Mines. ON n'a pas trouvé trace de lui à Rive de Gier.

  • Jean-Pierre (notre aieul)   après avoir fait une escale a Lyon (1799) puis dans le Cantal (1801) a vécu plusieurs années à Oullins (1808 a 1810). Il est mort a Rive de Gier en 1816. La création d'une usine de verre a vitre par les ROBICHON l'a sans doute incité à venir à Rive de Gier.

  • Jean-Claude s’est installé très tot a Rive de Gier (1806) puis il a passé dix ans dans le 44 a Varades (de 1808 a 1818 au moins). Il est mort a Rive de Gier en 1831.
  • Tous leurs descendants ont passé l’essentiel de leur vie professionnelle à Rive de Gier (générations de Jean Antoine DAVID et André Isidore THEBRE, puis de Laurent DAVID, Mélanie THEBRE et son mari Julien DAVID, puis enfin génération de Antoine DAVID et son épouse Adeline THEBRE). Entre Jean Antoine (né à Lyon en 1799) et Laurent (né à Bessèges en 1884), tous nos ancêtres de la souche DAVID plus Mélanie et Adeline THEBRE sont Ripagériens.

 

Sources BIbliographiques de l'époque

Grâce aux livres numériques et à Google Play, nous avons pu reproduire des extraits d'ouvrages rédigés à l'époques sur Rive de Gier. 

 

Population rive de gier declin de rive de gier 

Histoire de rive de gier de j.b. Chambeyron Lyon 1844

Production de charbon de rive de gier

Chemin de fer a rive de gier

Statistique departement de la loire 1818, édition de cheminal

1840 histoire du canal Rive-de-Gier

 

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