Enquete - Risque de Guerre Civile dans le Gard à la Libération

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Rappel du contexte

Mon Grand-père, Laurent DAVID, a dirigé une grande entreprise à Alès pendant la guerre, les Houillères de Rochebelle. Il aurait évité à 200 jeunes français le STO. IL aurait aidé à nourrir les ouvriers de la Mine. IL a été lynché et quasi exécuté par les maquis FTP (communistes) à la Libération, et pas 4 autres patrons de Mines. Pourquoi ? 70 ans après, Je mène l’enquête.

 

Synthèse de ce  Volet de l’enquête 

Au moment de la Libération, le rapport de force entre maquis communiste et maquis apolitique était en faveur des apolitiques, mais toute la structure de commandement des FFI était infiltré par ds sympathisants communistes dont l'objectif premier, à la Libération, était de faire la révolution, non de combattre les allemands.  D Magnant souligne dans son compte rendu de la Libération du Gard que la LIberté a fini par triompher sur le communisme dans le Gard mais qu'il s'en est fallu de peu. 

 

Les FFI du Gard étaient noyautés par les Communistes

La situation à la Libération était extrêmement complexe, comme le souligne D Maignant dans ses mémoires sur la Libération d'Alès. Les FFI coordonnaient l'action militaire sur le terrain mais le maquis communiste (les FTP) refusaient de participer aux combats (ils avaient d'autres objectifs), et le commandement départemental des FFI était tenu par des sympathisants communistes (cf ci-dessous). COnséquence, le plus gros maquis du Gard, Aigoual-Cévennes, fort de près de 2000 combattants, refusait d'obéir aux directives de communistes du FFI. Sa participation aux combats en a été réduite.

Voila ce que nous dit D Maignant de la situation complexe en août 1944 : " Lourde difficulté pour MIchel BRUGUIER (chef des FFI du gard) qui Communiste, mais "hors cadre", a pour mission réelle de faire accepter par les autres organisations de résistance, non-communiste, la "coordination", c'est à dire la subordination à la stratégie communiste.

Qui pourrait mettre ordre à cette situation parce que non seulement le chef départemental FFI MIchel Bruguier, est communiste, mais son fidèle lieutenant Antonin Combarmond (Mistral) l'est aussi, le Che Régional FFI Gilbert de Chambrun l'est aussi, le Chef national des FFI Marcel Degliame l'est aussi, le commissaire de la République Bounin l'est aussi, tout l'ensemble de l'encadrement des FFI tend à le devenir  alors que els hommes et les officiers des CFL[Corps Francs de la Libération, organisation militaire de la résistance] ne le sont nullement. Il devient difficile d'être un chef de la résistance sans être communiste...."

"Sur ces bases est constitué l'état-major départemental des FFI, qui ne comprend aucun membre d'Aigoual Cévennes ni des FTP, et qui n'est donc fondé ni à donner des ordres, ni à en recevoir des renseignements."

Michel BRUGUIER était le chef FFI du Gard, D. MAignant placé sous ses ordres en était le Chef Militaire. D Maignant poursuit : "Cependant, la confiance [entre nous, Maignant et Bruguier] n'a jamais été parfaite. Il ne m'a jamais dit son option communiste, le fait que son objectif communiste n'était pas l'éviction des allemands mais la révolution communiste. J'ai du le découvrir progressivement par les faits, pendant qu'Aigoual-Cévennes et les FTP les connaissaient."

Plus loin,D Maignant décrit une tournée d'inspection au maquis FTP de la Grand'Combe :"Dans cet esprit je me suis rendu le 15 août dans la zone des FTP de la Grand'Combe afin de faire la connaissance des unités qui s'y trouvaient et étudier leur participation à un plan d'opération commun concernant la libération d'Alès.IL m'a été répondu (par Barry ou par Pierre, je ne sais plus) par un strict refus et par l'affirmation que les émissaires des CFL étaient venus faire du racolage de recrutement dans la zone des FTP  et que si ces faits se reproduisaient, ces émissaires seraient arrêtés et fusillés.

La suite des événements a bien confirmé cette affirmation. Le monopole de recrutement des jeunes dans leur territoire était en effet important pour les FTP.

D'une part, il était important que les jeunes, sollicités pour s'engager aux FTP? n'aient pas le choix entre les FTP et d'autres organisations. On les invitait à s'engager non "aux FTP" mais "au maquis" en faisant seulement appel à leur désir de combattre. Mais les recruteurs étaient ceux du parti communiste et le recrutement était fait en réalité, non pour la bataille de la libération, mais pour la suivante, celle de la révolution communiste. D'où le refus de permettre aux jeunes un choix avec une autre organisation. Cette position a été confirmée par deux notes de l'état major FTP pendant la bataille. Jamais ces prises de position guerrières n'ont été désapprouvées par les autorités FFI d'arbitrage. On le comprendra si on se rappelle que ces autorités, de Bréguier a Chambrun, étant communistes, ne pouvaient en aucune manière s'opposer à une provocation communiste.

a la suite de ces tests nous avons du nous résigner à préparer puis à conduire les opérations de la LIbération sans le concours des FTP qui ont fait ce qu'ils ont voulu, en toute liberté et anarchie. ceci n'a pas eu une grande influence sur le résultat de cette bataille, car les FTP du Gard étaient peu nombreux et avaient des cadres très médiocres."

 

 Alès libérée le 21 août

Les allemands ont quitté la ville et ne tiennent encore que les faubourgs sud. Les FFI prennent Alès. DSans l'après midi apparaissent quelques FTP venant de la Grand'Combe. Ils viennent à titre individuel ou font partie du groupe "spécial" de Capion (Carlo) chargés de libérer la Banque de France 'Alès et mettre ses fonds en sûreté. Mais aucune unité organisée des FTP ne participe à la suite de la bataille 

D. MAgnat dit un peu plus loin à propos des combats de St Just et Vaquières (les derniers de la bataille d'Alès) : "Pierre Jouven se souvient de sa surprise en voyant des FTP? qui n'avaient pas pris part aux combats, venir au matin du champs e bataille du 28 août à St Just, couvert de matériel abandonné, pour ramasser les armes allemandes. Le même spectacle s'est offert sur le terrain des autres combats et les armes "récupérées" ont disparu.

 

LIbération de Nîmes le 23 août

D. Maignant poursuit : "Un événement étrange est survenu le 23 août. L'ensemble des troupes FT de Gard Lozères, soit un effectif de 600 hommes (contre 146 hommes le 11 juin) avec ses chefs Jean Garnier (Bary) et Pierre Savin (Pierre) descendit de la Grand'COmbe à Nîmes, méprisant superbement le champs de bataille et laissant les amis CFL se débrouiller "seuls" avec "les problèmes".

aNîmes, les allemands étaient entièrement partis depuis deux jours. C'est ce que le journal "La Renaissance du Gard" traduisit aussitôt par ce titre "Ce sont nos glorieux Francs-Tireurs et Partisans qui ont libéré la ville de Nîmes". Comme à Alès, ils libèr_rent à Nîmes, en premier lieu, la Banque de France, en mettant la caisse (très lourde) en sécurité pour le financement de leurs oeuvres.

Le 3 septembre à Nîmes, le 4 septembre à Alès, eurent lieu les défilés de la victoire unissant pour une fois les troupes d'Aigoual-Cévennes, des FTP et des FFI, les 4000 maquisards du Gard.

Dans les jours suivants, basés à Nîmes, nous eûmes à réfreiner les ardeurs patriotiques tardives des héros de la naphtaline qui encombraient les rues de Nîmes d'uniformes fraichement décrochés du placard, d'autre part les ardeurs justicières des FTP. Ceux-ci, les groupes spéciaux de Capion (Carlo)et de Boulestin, obéissant à Garnier ( Bary), entreprirent de fusiller les miliciens et autres tortionnaires nazis, avec un zèle , compréhensible après les tortures subies, mais trop hâtif pour être la justice.

Je dus moi-même extraire par la force d'une prison FTP, un ingenieur de Salindres qui y avait été enfermé pour un motif de rancune personnelle. Ces executions sommaires, avec les autorités légales n'étaient pas encore en place, étaient certes inspirées par le besoin de vengeance. Mais elles étaient aussi la manifestation calculée d'un nouveau pouvoir révolutionnaire.

Là était la véritable mission des FTP. S'ils nous ont abandonnés pour rassembler leurs forces à Nîmes, alors que nous étions englués dans la bataille, c'est que cette bataille contre les allemands n'était pas la leur.  La leur était la suivante, celle de l'instauration de l'ordre communiste. POur cela ils avaient besoin de leurs troupes à Nîmes, et pas sur le champs de bataille.

Heureusement pour la liberté, le rapport de force entre les CFL et les FTP était écrasant. Ce rapport tenait principalement à la qualité des cadres des CFL, ce qui nous a permis e consigner les FTP dans la caserne Montcalm. Mais ensuite les CFL,  considérant leur mission terminée, rentrèrent naivement chez eux ou rejoignirent la 1ère Armée Française et laissèrent le terrain aux communistes pour leurs besognes obscures....

C'st ce que l'historien Jacques Augustin BAILLY a très bien exprimé par le titre de son ouvrage : "La Libération Confisquée".