LETTENBACH sur la commune de SAINT QUIRIN la capitale du Verre de 1730 a 1750

Résumé

La verrerie de Lettenbach, sur la commune de Saint Quirin, fut fondée au xve siècle par l'abbaye de Marmoutier et resta en activité jusqu’à la fin du xixe siècle. Y furent notamment fabriquées les glaces qui ornent le Palais des Ducs de Lorraine à Nancy. Élevée au statut de manufacture royale par Louis XV, elle culmina au XVIIIe siècle. La mère de Laurent DAVID, Adeline THEBRE, a des ancêtres THIEBER qui ont contribué au succès de Lettenbach.

 

Lettenbach, dans la forêt encore aujourd'hui, est a 350m d'altitude. A droite sur la carte,  Dabo et sa forêt

 

Apogée de Lettenbach

La première verrerie à Saint Quirin au 15e siècle était une verrerie itinérante ou « volante ». Elle changeait de site de production lorsque le bois était épuisé. Y furent notamment fabriquées à la fin du XVIème siècle les glaces qui ornent le Palais des Ducs de Lorraine à Nancy. Pendant la guerre de Trente Ans au 17e siècle, la production du verre disparut complètement.  


En avril 1737, l’ abbé de Marmoutier, obtint la permission de construire 2 verreries. Ils conclurent un bail avec un exploitant d’une durée de 99 ans pour la région forestière de Lettenbach, afin d’y établir une verrerie pour 8 employés.  Ils firent venir des verriers de Bohême (dont les THIEBER dont nous descendons)  et faisaient aussi fabriquer du cristal.

Il y avait certainement une verrerie antérieure a 1737 car Etienne THIEBER, notre aïeul Maître Ouvrier Verrier, est né à Saint Quirin en 1733, soit quatre ans avant, donc sont père MIchel était arrivé sur le site au plus tard à cette date.  En 1749, Lettenbach obtint la permission du roi d’installer un deuxième four pour la production du cristal dans l’une des deux verreries. Le roi conféra à la verrerie le titre de « Manufacture Royale » et la cristallerie connut un véritable succès. En 1753, un deuxième four de verrier fut installé. Dès lors, la verrerie disposait de deux fours à cristal et de deux fours de verrier. 

En 1757, l’abbaye de Saint-Quirin, pouvant exercer une pression sur l’entreprise en tant que propriétaire foncier, reprit la moitié de la verrerie. Les Bénédictins de Marmoutier construisirent une chapelle pour les verriers qui fut consacrée en 1760.

 

 

Le déclin de Lettenbach

 

Bon, Lettenbach était sans doute bien placée pour l'accès au bois, mais côté débouchés commerciaux, c'était un peu loin de tout. La construction en 1765 de deux cristalleries, une à Baccarat et une à Saint-Louis-lès-Bitche, infligea un coup dur à la cristallerie de Lettenbach. Environ la moitié des verriers furent licenciés, les prix des matières premières flambèrent. Après la Révolution française, l’abbaye de Marmoutier et la verrerie de Saint-Quirin passèrent dans les mains de l’Etat. En 1800, un incendie détruisit une grande partie du bâtiment. En 1815, le roi Louis XVIII permit l’exploitation de la société jusqu’à expiration du bail de 99 ans en 1840.

 

Lorsque le bail expira en 1840, la verrerie fut vendue pour 336 100 francs à la société M. Jean-Auguste Chevandier et Cie. Cette société reprit également la Manufacture de glaces de Cirey et s’appela dès lors « Compagnie des Manufactures de Glaces et Verres de Saint-Quirin, Cirey et Monthermé » avec siège à Paris. En 1848, les Manufactures de Saint-Gobain, principal concurrent national, reprirent les Verreries de Saint-Quirin.

 

 

Chappelle des verriers de Lettenbach

 

 

Clocher chapelle des verriers de Lettenbach

 

 

Maisons des Verriers à Lettenbach (peut-être Etienne et Philippe THEBRE)

 

 

 

Batiments Agricoles de la verrerie de Lettenbach

 

De la verrerie, il ne subsiste aujourd'hui que la chapelle des verriers consacrée en 1760 peu après la naissance de nos ancêtres Etienne THIEBER ou Gaspard SOURD.

 

 

Et la famille dans tout cela ?

Traces laissées par la famille à Lettenbach :

  • Michel THIEBER (né vers 1710) était à Lettenbach avant l’extension de la verrerie (1733 naissance de Etienne contre 1737 obtension de l’accord pour augmenter la capacité).

  • Ses descendants sont restés à Lettenbach jusqu’à la révolution mais Lettenbach a décliné avec le développement de Baccarat et Saint Louis. Puis trois groupes de migrants se forment soit vers Baccarat, soit vers Givors (notre Branche, celle de Philippe THEBRE ) soit vers Monthermé dans les Ardennes pendant la révolution.

  • Puis Melchior et Philippe les deux frères se retrouvent en région parisienne avant d’etre attirés dans les années 1830 par Rive de Gier. La boucle est bouclée.

     

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