GIVORS la capitale du verre en 1800

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Que vient faire Givors dans ce site consacré à nos ancêtres verriers ?

Notre ancêtre Jean Pierre n'a sans doute jamais travaillé à Givors. Mais Jean Baptiste son frère si. Givors joue un rôle essentiel dans la migration de la famille, des Vosges Saônnoises vers Lyon et St Etienne. A cause de MIchel ROBICHON et Joseph ESNARD. Joseph était un marchand de verre installé à Lyon qui a lancé le projet d'une verrerie au charbon. IL avait besoin d'un maître verrier qui puisse maîtriser le process, il fit appel à Michel ROBICHON.

ROBICHON est le rejeton d'une famille alsacienne issue d'une souche germanique, les Rebischung, verriers installés en Alsace vers 1700 et provenant sans doute de suisse. Le nom Rebischung étant lui même la germanisation d'un nom français, Robichon, avec un ancêtre français né en 1520 dans le Dauphiné. La boucle est bouclée.

Donc Michel REBICHON est un maître verrier qui a fait son apprentissage à MIELLIN et qui a réussi le tour de force vers 1750, de s'installer à Givors et maîtriser la fabrication du verre avec un four à charbon. Tous ceux qui s'y étaient essayés avant lui s'étaient cassé les dents pour deux raisons principales :

  • qualité du charbon : le charbon contient des substances volatiles qui se dissipent en quelques semaines. Ces substances jouent un rôle clé dans l'efficacité de la combustion. POur réussir à fondre du verre avec du charbon, il faut du charbon tout frais sorti de la mine. A Givors, les mines de RIve de Gier sont à une journée à dos de mulet..
  • réaction des gaz avec le verre : les gaz dissipés lors de la combustion réagissent avec le verre et le chargent d'une teinte qui rend le produit invendable. En jouant sur la mixture (rajouter du fondant pour diminuer la température de fusion et rajouter des sels métalliques pour éviter la teinture du verre), il a également résolu ce problème.

Givors était idéalement placé pour obtenir du sable et de la soude grâce au Rhône, qui permettait aussi de desservir les marchés de Lyon, de Marseille et de l'export.

Or les avantages du four à charbon étaient considérables : plus besoin d'acheminer des volumes phénoménaux de bois,  prix de revient très inférieur, température de combustion plus importante, meilleure maîtrise du procédé de fonte du verre.

 

Brutalement, les verreries se sont multipliées

 

Entraînant une augmentation importante des besoins en main d'œuvre qualifiée. Donc les affaires de Michel ROBICHON devinrent si florissantes qu'il fit venir des collaborateurs de Miellin. En particulier, M Robichon a fait venir en 1783 de Miellin Thomas Gresely avec lequel il va s’associer. Thomas Gresely est né en 1760. C’est un fils de Melchior né en 1729 (qui a épousé une Girardin). Le frère de Melchior Gresely, Bonaventure Gresely, né en 1741 a eu pour Gendre Jean Baptiste DAVID (frere de notre Jean Pierre) qui a épousé Marie Catherine Gresely en 1792 (née en 1767). Leur fils Jean Pierre DAVID a épousé sa cousine germaine Marie Catherine Hélène Gresely, fille de Matthias Sylvestre. Tout ce beau monde s'est retrouvé à Givors. Donc une partie de la famille est passée par Givors.

 

La verrerie de Givors

 

Quatre dates résument l’histoire du verre à Givors. 1749, 1864, 1878 et 2003

Pourquoi choisir Givors ? C’est un lieu stratégique sur le Rhône avec proximité des clients par voie d’eau, et proximité des matières premières (sable et charbon et soude)

 

1749 : C'est par un arrêt pris à Marly le 10 mai 1749 que le conseil du roi crée la Verrerie Royale de Givors, octroyant l'exclusivité de la production à deux maîtres verriers Michel Robichon, de Miellin – Servance (Haute-Saône), et Joseph Esnad, du Bief-d'Etoz (Doubs). Ils obtiennent, selon l’arrêt, le privilège de la fabrication du verre pour vingt ans à Givors et dix lieues alentour. A l’expiration de cette exclusivité, avec l’ouverture du canal de Givors à Rive de Gier, la production va se déplacer à Rive de Gier car il faut du charbon frais pour avoir du verre transparent.

Au départ, le charbon était acheminé à Givors à dos de mulet. Le canal ne sera inauguré qu’en 1788. Très vite, a prospérité de M Robichon attira d’autres verriers francs comtois

1864 : Achat de la cristallerie May (quartier de la Freydière) par Jean-Baptiste Neuvesel et Jean-baptiste Momain aidés par Farge (beau-frère de Neuvesel, commerçant qui apporte les capitaux) : Les Nouvelles Verreries de Givors. C’est l’acte de naissance des Verreries BSN qui deviendra leader français du verre.

1878: 3 ans après Pétrus Richarme à Rive de Gier, Fleury Neuvesel, fils de Jean-Baptiste apporte le four à gaz SIEMENS d'Allemagne. Il organise le travail en trois brigades de 8 heures (création des 3x8). C’est le début de la fin pour les maîtres ouvriers verriers.

2003: fermeture de la verrerie.

 

Et la famille dans tout cela ?

 

Bref alors que Jean Pierre est étendeur de verre et Jean Claude fondeur ou tiseur ou composeur, Jean Baptiste est devenu comptable (employé aux verreries ?) et a épousé une nièce du patron. La belle vie, quoi. Jean Pierre et Jean Claude ne sont  sans doute pas passés par Givors mais par Oullins (plus proche de Lyon) puis par Rive de Gier. Et ils ne seraient jamais descendu à Oullins et Rive de Gier si Michel ROBICHON n'avait réussi à maîtriser la technologie des fours à charbon pour fondre le verre.

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